Dopés par la digitalisation de l’économie, les acteurs du numérique affichent des perspectives d’emploi très favorables en 2020 alors que les compétences manquent encore à l’appel.

Des prévisions de recrutement très optimistes

Le secteur du numérique voit l’avenir en rose avec des prévisions de recrutement très optimistes. C’est du moins ce qui ressort du 12ème Baromètre conjoncture des métiers du numérique 2020 réalisé par l’Institut Mines-Telecom dans le cadre du Forum des Télécommunications et du Talent Day (organisé par Télécom Paris).  Ce baromètre montre en effet que 95% des entreprises affichent des perspectives positives. Conséquence logique de la reprise économique durable du secteur, les plans d’embauches restent très ambitieux.

Dans certains domaines, comme l’audit/conseil, les ESN, les opérateurs télécom, les éditeurs de logiciels les prévisions sont encore meilleures qu’en 2019. 55% des employeurs prévoient de recruter davantage que l’année précédente alors que 39% d’entre eux envisagent d’embaucher dans les mêmes proportions.

Compétences « Cloud » et « Big Data » très attendues

Le Big data accélère sa percée (17%) en arrivant dans le top des choix exprimés par les entreprises sondées. Il n’est donc pas étonnant que la science des données et l’intelligence artificielle fasse partie des compétences les plus recherchées, tendance que l’on retrouve chez Quantmetry ou Dassault Systèmes qui prévoient de recruter essentiellement des data scientists et data ingénieurs.

Si les compétences en IA (9%) entrent dans le peloton de tête, celles en systèmes -architecture (9%), ingénierie-intégration et déploiement (8%) restent très recherchées, suivies par la sécurité (7%) et l’internet des objets (6%). Avec le développement du Cloud et des applications SaaS, l’enjeu de la sécurité des infrastructures hébergées devient critique auprès de ses clients.

L’usine intelligente recrute

L’autre tendance phare est l’ancrage parmi les acteurs du digital du concept d’« Industrie du Futur » pour lequel 71% d’entre eux se sentent directement concernés, ce qui nourrit encore plus les besoins en profils techniques : développeurs en réalité virtuelle, experts en cyber-sécurité ou encore ingénieurs simulateurs numériques.

Les compétences en numérique manquent mais pas que

Dans cette période faste en terme d’emplois, la plupart des acteurs peinent à trouver les profils techniques que tout le monde s’arrache (développeurs, ingénieurs système, spécialistes IA …). Si la quantité de CV est conséquente, les compétences techniques ne sont donc pas au rendez-vous, et les employeurs évoquent également le manque de savoir-être. Les « Softskills » deviennent déterminantes à condition d’être associées à un bon bagage technique. Curiosité intellectuelle, autonomie, ouverture d’esprit, souplesse … sont les aptitudes comportementales les plus appréciées, tout comme l’esprit critique qui permet de challenger des clients et apporter une vraie valeur ajoutée. Le candidat idéal doit aussi démontrer des capacités de communication et d’esprit d’équipe qui lui seront utiles dans le cadre de projets menés en mode collaboratif.

 

Dans la « guerre des talents », les employeurs du numérique ne négligent aucun facteur d’attractivité. Pour 61% d’entre eux, leur image et leurs actions en faveur du développement durable sont des éléments différenciant pour attirer les meilleurs étudiants. Une marge non négligeable de jeunes diplômés écarte systématiquement les entreprises qui ne respecteraient pas un certain nombre de valeurs sociales et environnementales.

 

Méthodologie

86 entreprises présentes au Forum des télécommunications (organisé par l’Association « Forum des Télécommunications des étudiants de Télécom Paris, Télécom SudParis et Institut Mines-Télécom Business School) à Paris-Porte de Versailles et au Talent day (organisé par télécom paris) ont répondu au questionnaire. Secteurs représentés : Audit/conseil, éditeurs de logiciel, Opérateurs, industrie télécom et électronique, ESN, services (hors ESN).

Une enquête menée depuis 2009

Cette année, le Forum des télécommunications (organisé  par l’Association « Forum des Télécommunications des étudiants de Télécom Paris, Télécom SudParis et Institut Mines-Télécom Business School) et le Talent day (organisé par Télécom Paris) ont permis de faire se rencontrer des étudiants ainsi qu’une centaine d’entreprises de secteurs très diversifiés (nouvelles technologies, banque, assurance, audit, conseil ou encore automobile) qui ont des besoins en recrutement de jeunes diplômés ingénieur.

Depuis 2009, l’IMT réalise une enquête de conjoncture auprès des entreprises présentes afin d’identifier des tendances pour l’année en cours.