Big Data, Internet des objets, cybersécurité … ces compétences sont de plus en plus recherchées. Même si elles ne représentent pas autant d’offres de postes que les métiers traditionnels du secteur numérique, comme celui des systèmes d’information, elles ont clairement le vent en poupe. Voici les grandes tendances révélées par le 9e baromètre de l’IMT réalisé à l’occasion du Forum des télécommunications qui s’est tenu le 9 février dernier à Paris.

Dans les métiers du numérique et des télécoms, la crise est bien terminée. Après une année 2016 très favorable, les recrutements devraient se maintenir à un haut niveau en 2017. Et ce sont les jeunes ingénieurs qui en profitent le plus. C’est ce qui ressort du baromètre IMT des métiers du numérique mais dans quels domaines ?

Infographie des résultats du 9e baromètre IMT des métiers du numérique

Datascientist un nouveau métier stratégique

La transformation numérique crée de nouveaux besoins à commencer par l’analyse de données massives. Dans l’audit/conseil, le Big Data représente 13% des demandes des entreprises, d’après ce baromètre IMT. Mais ce n’est pas le seul secteur à rechercher des analystes de données. Les groupes de banque-assurances en sont très friands mais aussi les grands industriels engagés dans de vastes projets de numérisation. Élu « métier le plus sexy du XXIe siècle » par la Harvard Business Review, le datascientist devient stratégique.

Dans les groupes, les données en quantités massives étant difficiles à interpréter, les déductions de ce spécialiste concernent autant les questions opérationnelles que la stratégie.

PSA en a fait l’un de ses dossiers RH prioritaires. Avec Criteo, Safran et BNP Paribas, le constructeur est d’ailleurs partenaire de la chaire Machine Learning for Big Data de Télécom ParisTech. Un moyen de former de futurs talents dans ce domaine.

Numérisation de l’industrie et nouvelles compétences

La numérisation de l’industrie crée aussi un appel d’air pour de nouvelles compétences. Chez Renault Nissan, presque tous les postes d’ingénierie touchent, de près ou de loin, au digital. Et 20 % environ travaillent sur le véhicule autonome et connecté. Le constructeur recrute des ingénieurs qui auraient aussi leur place chez Google ou Airbus. La numérisation concerne non seulement la conception des produits mais aussi tout le process industriel. Bienvenue dans l’usine du futur où se créent par exemple des postes de pilotage à distance pour des spécialistes du process industriel. En salle de contrôle, ils mettent en œuvre les actions préconisées par des algorithmes tout en les nuançant grâce à leur connaissance du terrain.

Cybersécurité un enjeu clé pour les entreprises et l’emploi

Enfin, peu d’entreprises y échappent : la cybersécurité devient un enjeu clé. Revers de la digitalisation, de nouveaux dangers en ligne menacent les sites Web et systèmes d’information des entreprises comme le cyber espionnage ou les attaques de serveurs. On comprend que les spécialistes de la sécurité s’arrachent sur le marché de l’emploi. La pénurie de profils est réelle. Difficile de trouver des candidats réellement qualifiés même si les entreprises proposent des salaires supérieurs à la plupart des autres domaines de l’IT. Dans tous les secteurs, c’est l’un des métiers qui monte. Selon le baromètre IMT des métiers du numérique, il représente 13% des besoins chez les opérateurs Télécom et 11% dans l’audit/conseil et l’industrie.

Technologies du web et IoT

Les technologies du web font aussi partie des métiers d’avenir. La spécialité représente 14% des demandes des éditeurs de logiciels. Experts du référencement, développeur (J2E, SQL, javascript ..), UX designer … font partie des spécialités en vogue où la pénurie de candidats risque de perdurer. Les développeurs Full-stack, ces « couteaux suisse » du codage qui savent construire une application de bout en bout, restent très recherchés.

Par ailleurs, les spécialistes de l’internet des objets sont de plus en plus prisés surtout dans l’audit/conseil, les services et chez certains opérateurs comme Orange. Les objets connectés mettent en jeu de nombreuses compétences qui vont de l’électronique à la programmation en passant par l’intégration ou l’optimisation énergétique. Matériels et logiciels sont combinés pour former des systèmes complexes. Dans ce domaine, une grande polyvalence est donc perçue comme un véritable atout.

Méthodologie

62 entreprises présentes au Forum des télécommunications à Paris-Porte de Versailles le 9 février 2017 ont répondu au questionnaire.

Secteurs représentés : Audit/conseil, Opérateurs télécom, industrie télécom et électronique, ESN et ingénierie, autres industries, services (hors ESN)

Une enquête menée depuis 2009

Le Forum des télécommunications permet de faire se rencontrer des étudiants ainsi qu’une centaine d’entreprises de secteurs très diversifiés (nouvelles technologies, banque, assurance, audit, conseil ou encore automobile) qui ont des besoins en recrutement de jeunes diplômés ingénieur, soit pour des postes soit pour des stages.

Depuis 2009, l’Observatoire des Métiers réalise une enquête conjoncture auprès des entreprises présentes afin d’identifier des tendances pour l’année en cours.